Global Music Report 2016 — synthèse française

12 avril 2016 à 13h57

Le numérique devance pour la première fois le physique dans les revenus mondiaux de la musique enregistrée, en hausse de 3,2%

SNEP & IFPI

#GMR2016

Paris, le 12 avril 2016

Le marché mondial de la musique enregistrée a franchi un cap majeur en 2015, enregistrant pour la première fois, une prédominance du numérique qui devance les ventes physiques dans son chiffre d’affaires, annonce l’Ifpi qui présente aujourd’hui le Global Music Report 2016 (synthèse en PJ).

Pour télécharger le rapport complet au format PDF, cliquez sur le lien ci-dessous.

publié par SNEP

 

Avec un résultat de 15 milliards $, le revenu global du marché augmente de 3,2% et connait sa première progression annuelle significative depuis deux décennies. Le numérique est désormais la première source de chiffre d’affaires dans 19 pays.

 

La part du chiffre d’affaires mondial issu des exploitations numériques est de 45%, celle des ventes physiques de 39%.

Le Global Music Report fait également état d’une hausse de 10,2% du numérique qui atteint 6,7Milliards $.

Moteur de la croissance de 3,2% du marché mondial, le streaming progresse de 45,2%, compensant à lui seul la baisse du téléchargement et du physique.

Ce développement est néanmoins entravé par une grave défaillance dans le fonctionnement du marché.

Jamais la consommation de musique n’a été aussi importante dans le monde, et pourtant cette explosion des volumes ne génère pas une juste rémunération pour les artistes et les producteurs.

Cette sérieuse distorsion du marché provoque le phénomène de transfert de valeur, freine la croissance durable des rémunérations des artistes, des producteurs et de tous les ayants-droit de la musique, les privant ainsi d’un juste retour de leur travail.

Frances Moore, Directrice Générale de l’Ifpi, déclare :”Après 20 ans de déclin quasi ininterrompu, 2015 marque une étape décisive pour la musique enregistrée: le retour à une croissance globale significative, l’explosion de la consommation de musique partout dans le monde et les revenus numériques qui dépassent, pour la première fois, ceux du physique. Ces indicateurs sont le reflet d’une industrie qui a su s’adapter à l’ère numérique et en est sortie plus forte et plus intelligente.

Ce devrait être un faisceau de bonnes nouvelles, tant pour les créateurs et ceux qui investissent dans la musique, que pour les consommateurs. Mais l’heure n’est pas encore aux réjouissances : car les revenus de ces exploitations, vitaux pour le financement des investissements futurs, n’ont tout simplement pas été équitablement reversés aux ayants-droits. Le message est clair, et il émane d’une communauté de la musique unie : le transfert de valeur que subit notre industrie est le frein majeur au développement des revenus des labels et de tous les ayants-droits.

Corriger cet état de fait est une nécessité, et c’est aux pouvoirs publics que l’industrie de la musique en appelle pour effectuer ce changement ».

 

LES FAITS MARQUANTS

 

  • ·       Le streaming, source de revenus la plus dynamique de l’industrie, est devenu le principal levier de croissance du marché. En progression de 45,2% en 2015, il a généré 2,9 Milliards $ ; soit un chiffre d’affaires multiplié par plus de 4 en 5 ans.

 

Porté par l’expansion des smartphones, les offres de plus en plus attractives des services d’abonnement et l’adhésion des consommateurs à la musique légale, il a réalisé l’an dernier 19% des revenus de la musique enregistrée (14% en 2014). Représentant 43% du chiffre d’affaires numérique, le streaming est sur le point de devancer le téléchargement (45%), et de devenir ainsi la première source de revenus numériques mondiale.

 

  • ·       Les services d’abonnements payants ont connu un développement spectaculaire ces dernières années, et comptent aujourd’hui 68 millions d’abonnés dans le monde, pour 41 millions en 2014 et 8 millions en 2010.

 

  • ·       Le téléchargement reste un usage important dont les revenus, en baisse de 10,5%, représentent encore une part significative du marché (20%)avec 3 Milliards $.

Cette baisse s’est néanmoins accentuée depuis l’an dernier (-8,2% en 2014). Mais le téléchargement d’albums est une pratique encore populaire qui a représenté 1,4 Milliards $, soit plus qu’en 2010 (983 millions $) et 2011 (1,3 Milliards $).

 

  • ·       Les droits voisins , qui génèrent des revenus pour la radiodiffusion de musique et la sonorisation des lieux publics, ont augmenté de 4,4% pour atteindre 2,1 Milliards $ en 2015.

Une des sources de revenus avec la croissance la plus soutenue du marché qui représente 14% du chiffre d’affaires de la musique enregistrée (10% en 2011).

  • ·       Les ventes physiques ont poursuivi leur déclin en 2015 -4,5%, mais dans une moindre proportion qu’au cours des années précédentes (-8,5% en 2014 et -10,6% en 2013).Ce mode de consommation représente 39% du marché et reste très apprécié des consommateurs de certains territoires, dont le Japon 75% du chiffre d’affaires total, l’Allemagne 60% ou la France 42%.

 

LA CORRECTION DU TRANSFERT DE VALEUR A L’AGENDA LEGISLATIF

Le « transfert de valeur » provient du fait que certains grands services numériques très populaires contournent les règles normalement applicables à l’octroi de licence des catalogues musicaux.

Ces services de partage de contenus en ligne prétendent échapper à l’obligation  de négocier des licences avec les ayants-droit pour la musique disponible sur leurs plateformes ou concluent des accords à des prix artificiellement bas.

Ils revendiquent en effet la protection des règles dites de « safe harbour », établies au début de l’Internet et reprises dans les législations américaine et européenne (statut d’hébergeur).

Ces exonérations de responsabilité sont aujourd’hui détournées de leur but initial. Elles avaient été conçues pour protéger les intermédiaires purement « techniques, automatiques et passifs » du Net, de toute responsabilité en matière de droit d’auteur.

Mais elles n’avaient en aucun cas vocation à exempter les sociétés jouant un rôle actif dans la distribution de musique en ligne, de l’application des mêmes règles auxquelles sont soumis les autres services de musique numérique.

Ce contournement a pour effet de provoquer un sérieux dysfonctionnement du marché de la musique numérique, une situation de concurrence déloyale entre les plateformes. Il aboutit aussi à une rémunération très inéquitable du travail des artistes et des producteurs.

Les ayants-droit de la musique et de nombreuses autres industries créatives sont mobilisés pour obtenir la correction de cette anomalie juridique. Il n’est pas acceptable que des services numériques ayant bâti des empires sur le dos de la musique et d’autres contenus, continuent à pouvoir s’abriter derrière le statut d’hébergeur alors qu’ils génèrent des profits en mettant à disposition la musique sur internet.

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Source Ifpi

Les plateformes de partage de contenus bénéficiant illégitimement du statut d’hébergeur sont celles qui rassemblent le plus grand nombre de consommateurs de musique à la demande dans le monde, soit plus de 900 Millionsd’internautes. Paradoxalement, ces services n’ont généré pour l’industrie que 634 Millions US $, soit seulement 4 % des revenus mondiaux de la musique.

 

Un cap important a été franchi en décembre 2015, dans le cadre de la communication de la commission européenne « Vers un cadre moderne et plus européen pour le droit d’auteur ».Reconnaissant que la musique et les autres contenus créatifs d’une part et les services en ligne d’autre part, sont d’égale importance pour la croissance économique et l’emploi en Europe, le document identifie clairement le « transfert de valeur » comme un problème.

Les premières propositions de la Commission pour corriger cette distorsion du marché sont attendues en 2016.

 

Contacts :

Guillaume Leblanc guillaume.leblanc@snepmusique.com / 01 47 38 04 04

Adrian Strain adrian.strain@ifpi.org /+44 (0)20 7878 7939
Lynne McDowell lynne.mcdowell@ifpi.org  / +44 (0)20 7878  7940

 

Notes

Une synthèse complémentaire des chiffres du marché mondial, avec des données par pays et par région sera publiée jeudi 14 avril. Ce document sera disponible à la vente sur le site de l’Ifpi.

Catégorie : Actualités

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